On passe une bonne partie de notre vie à essayer d'être nous-mêmes, tout en vérifiant simultanément dans le regard des autres si notre version est valide, acceptable et suffisamment polie pour ne pas faire de vagues. C'est un peu le grand paradoxe du quotidien : on veut porter nos propres couleurs, mais on garde une main sur le frein à main par peur de ce que vont dire les voisins, les collègues ou la famille.
Le problème avec le regard des autres, ce n'est pas qu'il existe, les gens ont le droit de penser ce qu'ils veulent, c'est la valeur qu'on lui donne. On finit par utiliser l'opinion extérieure comme un thermomètre de notre propre légitimité. Si les autres approuvent, on se sent bien. Si les autres tiquent, froncent les sourcils ou ne comprennent pas, c'est la panique à bord : on remet tout en question, de nos projets à notre façon d'être.
1. Le piège de l'approbation : quand le costume devient une prison
Pourquoi est-ce qu'on est autant bloqué par ça ? Parce que depuis tout petit, on apprend que faire partie du groupe, être aimé et s'intégrer, c'est une question de survie. Notre cerveau adore les cases. Il se dit que si on sort des clous, on risque le rejet.
Du coup, on enfile des costumes. On devient la personne arrangeante, la personne sur qui on peut toujours compter, ou celle qui ne fait jamais de bruit pour ne pas déranger. Le souci, c'est qu'à force de s'ajuster en permanence pour correspondre à ce qu'on attend de nous, on finit par s'épuiser. On gère une entreprise de relations publiques à l'intérieur de notre propre tête, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
2. Réaliser que l'avis des autres ne nous appartient pas
Il y a une vérité un peu décoiffante mais libératrice quand on commence à l'intégrer : ce que les gens pensent de toi ne te regarde pas.
Quand quelqu'un émet un jugement, une critique ou un désaccord sur ce que tu fais, cette personne ne parle pas de toi. Elle parle de ses propres filtres, de ses peurs, de ses limites et de son propre cadre de référence. Quelqu'un qui est ancré et heureux dans ses baskets ne passe pas son temps à décortiquer ou à freiner l'élan des autres. Si le regard des autres te freine, c'est souvent parce que tu confonds leur peur du changement avec ta réalité.
3. Redescendre sur terre : qu'est-ce qui se passe si on déplaît ?
Rien. C'est ça la grande révélation. Le monde ne s'arrête pas de tourner parce qu'une personne n'est pas d'accord avec tes choix, ton rythme ou ta direction.
Oser être soi, ce n'est pas devenir un rebelle permanent ou chercher à provoquer pour le plaisir. C'est simplement décider que ton propre équilibre pèse plus lourd dans la balance que l'approbation générale. C'est accepter que tout le monde ne comprenne pas ton parcours, et c'est très bien comme ça.
Reprendre les commandes
La prochaine fois que tu sens le frein à main se serrer à l'idée de ce qu'on va penser de toi, pose-toi la vraie question : est-ce que tu agis pour nourrir ton propre chemin, ou est-ce que tu négocies ton authenticité pour garder la paix autour de toi ?
Tu n'as pas besoin de l'accord de tout le monde pour exister. Parfois, lâcher le regard des autres, c'est simplement s'autoriser à respirer enfin par soi-même.
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