En ce moment, il suffit d'ouvrir un réseau social pour tomber sur une déferlante de commentaires, d'analyses ou d'inquiétudes concernant les corps extrêmement amaigris de certaines célébrités. On pointe du doigt, on s'insurge, on crie au scandale et on alerte sur la « mauvaise influence » que ces images auraient sur les plus jeunes.
Certes, le spectacle visuel interpelle. Mais ayant moi-même traversé l'anorexie — et aujourd’hui psychotaro travaillant en collaboration avec un psychologue pour accompagner la relation au corps —, cette agitation de surface me fait réagir.
On passe totalement à côté du sujet.
Le piège du jugement de surface
Même sans parler de troubles du comportement alimentaire (TCA) déclarés, combien d'entre nous luttent au quotidien avec des complexes, une insatisfaction permanente ou une gêne face au miroir ?
La société adore trouver des coupables extérieurs. C'est tellement plus simple de pointer du doigt une star en disant : « C'est de sa faute, elle donne le mauvais exemple ». On reste dans l'approximation, la critique rapide et le jugement. Mais constater que quelqu'un est « trop ceci » ou « pas assez cela » n'a jamais fait avancer les choses.
En agissant ainsi, on fait porter à l'image des autres la responsabilité de nos propres mal-êtres. Or, le problème n’a jamais été la vision du corps d'autrui : le vrai sujet, c'est la fracture avec notre propre corps.
Décaler le regard : de la comparaison à la réappropriation
Quand la relation à notre enveloppe est abîmée, ce ne sont pas les autres qui dictent notre souffrance, c'est le regard que nous portons sur nous-mêmes. Nourrir nos complexes en observant l'extérieur est un piège sans fin :
La comparaison est une illusion : On compare notre vécu intérieur à la simple image de surface de quelqu'un d'autre.
Accuser l'extérieur n'aide pas à guérir : Blâmer les réseaux ou les célébrités ne réparera jamais l'estime de soi.
Aujourd'hui, de magnifiques initiatives émergent pour nous inviter à nous réapproprier notre corps, à honorer nos formes, nos marques et notre souveraineté. Mais pour que cette réappropriation fonctionne, il faut accepter de faire le travail à l'intérieur. La réconciliation avec son image ne se joue pas sur un fil d'actualité, mais dans l'intimité de son quotidien.
Ce que le tirage du jour ravive en moi
Face à tout ce bruit médiatique, j'ai eu envie de poser mes cartes sur la table. Non pas pour prédire l'avenir, mais pour observer en toute clarté ce que cette agitation extérieure venait réveiller en moi.
Voici les quatre enseignements transmis par le jeu :
Six de Coupes — La mémoire du corps : Nos complexes et nos failles prennent souvent racine dans notre histoire personnelle et dans la vulnérabilité passée. La première étape d'apaisement n'est pas la critique extérieure, mais la douceur envers l'enfant ou l'adolescent que l'on a été.
L'Hermite — La solitude du vécu : L'actualité fait beaucoup de bruit autour de l'apparence. L'Hermite nous invite à couper les écrans, à sortir du spectacle pour revenir dans l'espace protégé et silencieux de notre propre ressenti.
Huit de Deniers — Le travail d'artisan : Se réconcilier avec son enveloppe ne se fait ni par un miracle extérieur, ni en blâmant la société. C'est un apprentissage quotidien, humble et patient. C'est réapprendre, un geste après l'autre, à habiter sa propre maison.
L'Impératrice — La réappropriation : Quitter le rôle de spectateur pour devenir la souveraine de son corps. S'incarner pleinement, honorer sa présence et faire entendre sa voix, bien au-delà du regard des autres.
À ton tour : un tirage pour faire le point avec ton corps
Si cette agitation ambiante ou le poids des standards vient polluer la vision que tu as de toi-même, je t'invite à prendre ton jeu de Tarot et à poser ces quatre cartes :
Carte 1 : Quelle histoire ou mémoire mon corps porte-t-il aujourd'hui ?
Carte 2 : Quel bruit extérieur vient polluer le regard que je porte sur moi ?
Carte 3 : Quel petit geste quotidien peut m'aider à me réapproprier mon enveloppe ?
Carte 4 : Quelle force incarnée demande à prendre sa place en moi ?
Un dernier mot
Quittons la critique de surface et le voyeurisme des réseaux. Cessons d'attendre que le monde extérieur change pour commencer à nous aimer. Revenons à l'essentiel : apaiser notre monde intérieur et réapprendre à habiter notre corps avec respect, bienveillance.
Tu as fait le tirage chez toi ? Viens me dire en commentaire ou sur Instagram quelle carte a le plus résonné avec ton vécu. 🌿
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